Republique centrafricaine : l’Experte de l’ONU exhorte tous les acteurs A� saisir l’opportunite historique qui s’offre au pays

L’Experte indeacute;pendante des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Reacute;publique centrafricaine, Marie-Theacute;regrave;se Keita-Bocoum, exhorte tous les acteurs agrave; saisir l’opportuniteacute; historique qui s’offre pour la justice, le deacute;veloppement et la reacute;conciliation.

Au terme de sa huitiegrave;me visite en Reacute;publique centrafricaine, Mme Keita-Bocoum s’est inquieacute;teacute;e de la deacute;gradation de la situation seacute;curitaire, humanitaire et des droits de l’homme dans certaines preacute;fectures et du peu d’avanceacute;es concregrave;tes sur le terrain, en particulier la protection des civils, la lutte contre l’impuniteacute; et le deacute;sarmement, la deacute;mobilisation, la reacute;insertion et le rapatriement.

L’Experte indeacute;pendante a constateacute; que le conflit centrafricain avait mueacute; en une multiplication de conflits locaux et de groupes armeacute;s avec des alliances surprenantes.

laquo; Les conflits qui, auparavant, semblaient opposer les communauteacute;s chreacute;tiennes et musulmanes ont eacute;volueacute; vers des oppositions armeacute;es entre des groupes se disant nationalistes et d’autres consideacute;reacute;s comme eacute;trangers, avec parfois une connotation ethnique qui pourrait devenir dangereuse raquo;, a-t-elle deacute;clareacute;.

Malgreacute; l’eacute;laboration d’un cadre leacute;gislatif et institutionnel, les centrafricains sont toujours en attente d’actions concregrave;tes et significatives en matiegrave;re de deacute;sarmement, de reacute;forme du secteur de seacute;curiteacute;, de restauration de l’autoriteacute; de l’Etat, de lutte contre l’impuniteacute; et de reacute;conciliation nationale.

laquo; Force est de constater que peu de progregrave;s ont eacute;teacute; enregistreacute;s en matiegrave;re de restauration effective de l’autoriteacute; de l’Etat en dehors de Bangui, notamment en ce qui concerne les forces de seacute;curiteacute; et le personnel judiciaire et administratif en geacute;neacute;ral raquo;, a-t-elle noteacute;. laquo; Les groupes armeacute;s regrave;gnent en maitre sur plus de 60% du territoire, beacute;neacute;ficiant d’une totale impuniteacute;. Ils se substituent agrave; l’appareil judiciaire, terrifient la population et sont souvent accuseacute;s de se livrer agrave; des abus sur des personnes soupccedil;onneacute;es de sorcellerie raquo;

Mme Keita-Bocoum s’est dite encourageacute;e par les messages reccedil;us relayant la deacute;termination des autoriteacute;s politiques de lutter contre l’impuniteacute;, une deacute;termination partageacute;e par la population centrafricaine et en accord avec les recommandations du Forum de Bangui et la Constitution. Ces messages confortent les efforts et investissements des partenaires, pays voisins et amis de la Reacute;publique centrafricaine pour mettre en place des institutions et meacute;canismes de justice formelle et de justice transitionnelle ; cette derniegrave;re accordant une place significative aux autoriteacute;s traditionnelles et aux femmes.

L’Experte indeacute;pendante a noteacute; les deacute;veloppements dans la mise en place de la Cour Peacute;nale Speacute;ciale, notamment le processus de recrutement du Procureur, des magistrats et des officiers de police judiciaire. Elle a aussi salueacute; la finalisation du projet laquo; Mapping raquo; de la MINUSCA, qui reacute;pertorie les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises entre 2003 et 2015, et qui devrait aider agrave; la deacute;finition d’une strateacute;gie de poursuites et agrave; l’identification des axes prioritaires d’enquecirc;te.

En matiegrave;re de justice ordinaire, l’Experte a salueacute; la tenue de la seconde session des audiences criminelles devant la Cour d’assises et exhorteacute; les partenaires de la Reacute;publique centrafricaine agrave; appuyer les juridictions nationales, en particulier la seacute;curisation des tribunaux, des juges, des teacute;moins et des victimes, comme pour la Cour Peacute;nale Speacute;ciale.

laquo; La Confeacute;rence des bailleurs de fonds agrave; Bruxelles, en novembre 2016, a geacute;neacute;reacute; de tregrave;s fortes attentes de la population pour une mise en oelig;uvre effective et rapide du Plan national de relegrave;vement et de consolidation de la paixraquo;, a deacute;clareacute; l’Experte.

laquo; Les bailleurs de fonds et le Gouvernement doivent travailler de concert pour s’assurer que le pays saisisse l’opportuniteacute; historique qui se preacute;sente de se relever de plusieurs deacute;cennies de crises et de sous-deacute;veloppement raquo;, a souligneacute; Mme Keita-Bocoum.

Au cours de sa visite, l’Experte a rencontreacute; des repreacute;sentants du gouvernement, des groupes armeacute;s, du corps diplomatique, de la socieacute;teacute; civile, des partis politiques, des organisations non gouvernementales et des Nations Unies, ainsi que des repreacute;sentants de victimes et de personnes deacute;placeacute;es, agrave; Bangui, Birao et Bambari.

Mme Keita Bocoum rendra compte de ses conclusions au Conseil des droits de l’homme de l’ONU le 21 mars 2017 et preacute;sentera son rapport final en septembre 2017.

Source: Office of the UN High Commissioner for Human Rights (OHCHR).

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